Tui Shou

Littéralement, Tui signifie Pousser et Shou, Main. Le Tuishou n'est pas un art martial en soi.

Il se caractérise par un large panel d’exercices permettant d’appréhender l’enjeu des forces de pression et traction des arts de lutte. De manière plus poussée il permet d’aborder les techniques de saisies et projections, issues du Tai Ji Quan (ou d’autres arts martiaux chinois)

 

Il existe des exercices sous forme codifiée, qui vont servir de support pédagogique pour comprendre les principes fondamentaux Peng, Lu, Ji, An… (s’entendre, dévier, presser, pousser)

 

Autant pour la pratique individuelle du taichi que pour les échanges en Tuishou, le plus important est de s'exercer en gardant à l'esprit que le corps doit être le plus détendu possible. Le relâchement, dont la fonction première est de développer la stabilité et la mobilité articulaire du corps dans son environnement (sensibilité proprioceptive), permet d’avoir un meilleur équilibre durant les échanges de lutte.

 

En terme plus martial, on entend souvent parler d'enracinement ou d’ancrage. Le fonctionnement de ce processus d'enracinement, qui est induit par le relâchement, est de faire descendre le centre de gravité du corps dans le Dan Tian du bas ventre (En médecine chinoise, centre énergétique comprend tout le système viscéral). Plus le corps est détendu, plus la masse corporelle se ressent dans les jambes et plus la connexion des pieds avec le sol s'intensifie.

 

De manière générale, dans un combat le corps a tendance à se contracter, très rapidement les forces de deux partenaires ou adversaires vont être en opposition.

 

Le pratiquant de Taichi apprend au travers du relâchement soit à neutraliser la force de l'autre tant que cela est possible, soit à absorber et rediriger cette force pour ne pas être déséquilibré, perdre ses points d'appui au sol et ne pas chuter.

 

C'est la recherche de ces sensations de neutralisation et d'absorption qui différencie le Tuishou des autres formes de luttes. Le but n'est pas l'opposition et l’exécution d'un mouvement avec puissance mais la redirection de la force de l'autre pour le déstabiliser. La pratique du Tuishou permet de développer la force interne, à savoir utiliser son corps en connexion avec le sol et avec l’autre pour lutter. 

 

Le Tuishou dans sa forme la plus libre s’apparente à de la lutte et ressemble au Shuai Jiao (lutte chinoise) ou au Judo dans sa version compétitive.

 

Au-delà de cet aspect compétitif, l’approche du Tuishou libre peut être orientée vers la mise en application des techniques martiales inhérentes aux formes de Taichi afin de développer le sens du combat rapproché pour la self défense.