Taichi, de la lenteur dans le martial

TAI JI QUAN, qui signifie "boxe du faîte suprême", est un art martial chinois dit « interne » s'inspirant de la philosophie taoïste, une gymnastique de santé, et une voie spirituelle. Cet art plus communément appelé Taichi en Occident emprunte son nom au symbole du Yin Yang appelé Tai Ji Tu en mandarin.

 

Prenant ses racines dans les styles de combat anciens, il est aussi appelé l’art de longévité et est considéré de nos jours, avec le Qi Gong, comme un élément de la médecine traditionnelle chinoise.

 

La particularité du Taichi se traduit par des mouvements exécutés avec lenteur, le but étant de les effectuer de manière détendue. La pratique lente et détendue permet de mobiliser le réseau des fascias plutôt que la masse musculaire.

 

Le réseau des fascias est le système tissulaire de glissement, maintien et mobilité de toute la structure corporelle. C'est la fine couche blanchâtre qui recouvre les organes, os, ligaments, tendons et muscles, les reliant les uns aux autres pour former l'ensemble du corps humain.

 

La mobilisation du réseau des fascias va permettre de retrouver un bon alignement des axes de la structure musculosquelettique et d’avoir une meilleure tenue de corps. Va s’en suivre de nouvelles sensations proprioceptive (l’équilibre et le schéma corporel) et le développement des 3 qualités physiques les plus importantes nécessaire en combat, stabilité, fluidité et force. Plus de détail dans l’article effet prophylactique du Taichi.

 

Utilité des gestes lents pour le combat ?

 

L’objectif des pratiques martiales étant d’apprendre à combattre, une préparation physique rigoureuse est donc indispensable. Le travail interne est une forme de préparation physique alternative et complémentaire aux modèles d’entraînements classiques.

  

Très simplement, la lenteur va permettre d’exécuter un mouvement avec moins de tension.

Le relâchement dans le mouvement va induire une nouvelle sensibilité corporelle qui va servir la pratique martiale. Au fil du temps cela se traduira par une meilleure compréhension de l’action du partenaire ou adversaire durant le combat.

 

Pour développer les aptitudes martiales, la pratique avec un partenaire, le Tuishou, est incontournable.

 

Le Tuishou est une forme de lutte qui vise à développer le ressenti du contact (action-réaction) avec son partenaire/adversaire. Les exercices de percussion peuvent être introduits dans la pratique au bon vouloir de l’enseignant.

Néanmoins, il est difficile de maintenir un bon niveau de relâchement avec tous les paramètres qu’un combat implique. Il est donc préférable d’intensifier progressivement les échanges afin de rester détendu et ne pas se retrouver dans un simple rapport de force.

 

Maintenir un bon niveau de relâchement dans les échanges en Tuishou permet, sur le plan corporel, de s'adapter plus facilement à une contrainte, et, sur le plan cognitif, d’être plus attentif, plus concentré sur ce qui se passe.

Avec une intention plus claire et un corps sans tension, le pratiquant devient plus alerte, précis et réactif en situation de combat.

 

En conclusion, le travail interne du Taichi est une autre façon d’aborder les arts martiaux. La rigidité laisse place au relâchement, créant ainsi un contexte moins traumatique pour le corps.

 

La plupart des pratiquants d’art martiaux construisent leur structure pour le combat uniquement par le renforcement musculaire et l’apprentissage des techniques alors que le Taichi qui a pour particularité la lenteur du geste, vise à élever le niveau d’attention, à optimiser la tenue de corps et développer le ressenti du contact.

 

Bonne pratique à tous

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