Taichi, l’importance de la structure dans le combat.

Le Taichi (Tai Ji Quan) est l’un des multiples styles de combat provenant de Chine. Sa particularité est la lenteur d’exécution des mouvements de certains exercices.

 

Pour les personnes n’ayant jamais pratiqué, il est difficile de comprendre pourquoi cette lenteur peut être utile à un art martial. S’exercer lentement a pour but de s’approprier des sensations que les chinois appellent Song et Peng. Cette recherche de sensations corporelles détermine le Taichi comme art martial « interne ».

 

L’objectif des pratiques martiales étant d’apprendre à combattre, une préparation physique rigoureuse est indispensable. Le travail interne est une forme de préparation physique alternative et complémentaire aux modèles d’entraînement classiques.

 

Selon une traduction littérale de ces termes du chinois au français :

 

Song signifie, lâche, relâché, détendu… ce qui définit l’action de relâchement de sa masse musculaire.

Peng signifie se gonfler, enfler, se dilater… ce qui détermine l’étirement de toute sa structure.

 

Ces termes sont, au premier abord, antinomiques et leur association prête souvent à confusion. Pourtant, ils reflètent l’aspect Yin Yang de cet art : l’auto-agrandissement dans le relâchement ou inversement. Deux forces/énergies qui s’opposent et ne font qu’un.

 

La Pratique du Taichi nécessite, pour intégrer ces sensations, de répéter de façon régulière des mouvements lents. Cet apprentissage s’effectue par la répétition d’exercices fondamentaux appelés Song Gong, Chan Si...  

 

Quelle est l’optique de cette recherche de sensations dans le mouvement ?

 

Dans un premier temps, ces sensations aident à mieux faire circuler le sang dans le corps et à développer les facultés de concentration grâce aux points de focalisation des différents exercices.

 

Progressivement, la conscience de soi s’affine. Les tensions dans le corps se délient, la masse musculaire se détend et s’épaissit légèrement via le réseau des fascias, la structure ostéoarticulaire s’agrandit et retrouve un alignement naturel.

 

Ces sensations s’intègrent d’abord dans les gestes du quotidien. Au début, durant les activités à coordination simple telles que la marche ou la position assise et vont, à terme, servir la pratique martiale.

 

Ce changement dans la structure par une meilleure tenue de corps va naturellement induire une meilleure confiance en soi et permettre d’être plus stable et réactif en situation de combat.

 

Certains pratiquants de Taichi sont intéressés uniquement par l’aspect santé de cette discipline, dans ce cas, le Taichi s’apparente à une gymnastique. Pour ceux qui veulent développer les aptitudes martiales, la pratique avec un partenaire, le Tuishou, est alors incontournable.

 

Le Tuishou est une forme de lutte, propre au Taichi. Il permet aux pratiquants d’une part d’apprendre les techniques et de tester leur réactivité et stabilité durant le combat et d’autre part de développer le ressenti du contact avec son adversaire/partenaire. Les exercices de percussion peuvent être introduits dans la pratique au bon vouloir de l’enseignant.

 

Néanmoins, il est difficile de maintenir ce ressenti avec tous les paramètres qu’un combat implique. Il est donc préférable d’intensifier progressivement les échanges afin de conserver les sensations de Peng et Song et ne pas se trouver dans un simple rapport de force.

 

Un bon niveau de Peng et Song permet d’être alerte. L’intention est claire, ainsi le pratiquant ancré dans le moment présent devient plus précis dans le combat. Le corps, moins en tension, est plus apte à ressentir l’action du partenaire ou adversaire.

 

En conclusion, le travail interne du Taichi est une autre façon d’aborder les arts martiaux. La rigidité laisse place à la fluidité, créant ainsi un contexte moins traumatique pour le corps.

 

La plupart des pratiquants d’art martiaux construisent leur structure pour le combat uniquement par le renforcement musculaire et l’apprentissage des techniques alors que le Taichi a pour particularité la lenteur du geste, dont le but est d’élever le niveau d’attention et d’optimiser la tenue de corps.

 

 

Bonne pratique à tous!

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