Volonté et remise en question dans les arts martiaux et sports de combat

Que cela soit pour le débutant, vivant l’appréhension du coup, avec une maîtrise partielle de son corps et de sa force physique ou pour le pratiquant plus aguerri, libéré ou presque de cette appréhension mais pouvant être dans un rapport de force avec ses partenaires et cherchant à affirmer sa supériorité technique et/ou physique, progresser dans sa pratique martiale nécessite une forme de remise en question.

 

Pour le néophyte qui vient tout juste d’acheter sa première paire de gants ou mitaines de combat, il faut comprendre qu’en général le corps n’est pas habitué à donner ou recevoir des coups. Par peur, les crispations s’accumulent, les mouvements sont effectués avec trop de tension, la force ne se déploie pas au bon moment donc le risque de blessure s’accroît.

 

A cette problématique, il n’y a pas de secret particulier, l’apprentissage requiert de la pratique, néanmoins il est possible par le vecteur cognitif de déverrouiller certains blocages plus aisément.

 

Sur la question de l’appréhension, un travail sur soi est nécessaire pour accepter la peur que représente la douleur d’un coup ou d’une potentielle blessure (aléas inhérents à de telles pratiques). Tout est une question de volonté.

 

Les Fondamentaux techniques :

Pour trouver plus d’aisance dans le combat, il est nécessaire dans un premier temps de bien assimiler comment protéger son corps. Une bonne structure corporelle et le maintien de la garde permettent de gagner en confiance lors des échanges de coups. On encaisse mieux un coup au visage menton rentré que menton sorti !

 

Il est bénéfique dans l’apprentissage de techniques de combat, d’exécuter les mouvements codifiés qui composent votre art de manière détendue, d’abord assez lentement pour intégrer la juste coordination et ensuite d’augmenter le niveau de vitesse progressivement tout en continuant à bien délier ses frappes sans trop se contracter.

 

L’idée du travail souple permet alors d’introduire le deuxième point de tension du débutant : la gestion de la force.

Sur la problématique du dosage de la force, au-delà de l’apprentissage, la volonté d’être dans un échange plutôt que dans une confrontation favorisera la fluidité et la précision.

 

L’intention de toucher son partenaire en appuyant ses frappes de manière modérée permet de prendre plus de plaisir dans les combats et ainsi de mieux évoluer dans sa pratique. (La préparation à la compétition est un débat complètement différent)

 

La dureté n’apportera pas d’aisance. A contrario, être trop dans la retenue par « peur de faire mal à l’autre » souvent synonyme d’une peur de la réaction de l’autre, vous desservira votre partenaire et vous, car l’échange n’aura pas lieu !

 

Nous devons garder à l’esprit l’importance de l’échange dans le combat car sans partenaire nous ne pouvons ni pratiquer ni progresser ! Ces échanges prennent place au travers d’une convention sociale, il est peu probable que vous puissiez être confronté à la dureté ou l’aspect anarchique du combat de rue durant un entraînement.

 

De ce fait, avoir un rapport de force avec vos partenaires n’a pas lieu d’être.

 

Que vous soyez débutant ou plus aguerri il n’y a rien de plus normal que de prendre un coup à l’entraînement, savoir encaisser est un atout majeur pour le combat, il faut s’y former, notamment lorsque l’on aspire à être capable de se défendre dans la rue.

Avoir une réaction négative lorsque l’on reçoit un coup, tel que vouloir absolument le rendre ou devenir plus agressif est un mécanisme égotique qui vous empêchera de progresser.

 

Vous serez à l’aise lorsque le coup qui a été pris sera aussi vite oublié qu’il est venu et que la réponse sera adéquate sans réflexion préalable. Qualité observable chez les combattants expérimentés !

 

Deux pratiquants qui combattent peuvent décider ensemble d’augmenter le niveau d’intensité des frappes, notamment via une vitesse d’exécution des gestes plus élevée !  Ils acceptent ainsi le risque que cela engendre.

 

En conclusion, le respect de l’intégrité physique de ses partenaires est la première vertu à intégrer dans la pratique des arts de combats, dont la finalité est la maîtrise de soi.

 

Vouloir vaincre a du sens durant les compétitions mais pas nécessairement à l’entraînement, dans la rue il s’agit de se défendre, protéger ses proches ou de survivre, il n’y a jamais de victoire !

 

 

Bonne pratique à tous

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